Le JAZZ et Steven Wilson

Posted: 13 février 2012 in Steve Wilson

Je n’ai plus guère de temps à consacrer à ce blogue depuis plusieurs mois. La vie est ce qu’elle est: les minutes sont comptées, et la pause, le temps de réflexion nécessaires à la prose ne sont pas toujours disponibles. Il faut aussi se désintoxiquer de temps en temps du besoin de dire notre opinion, sur tout, constamment. Ce n’est pas toujours nécessaire d’ajouter au bruit ambiant.

Je voulais quand même citer Steve Wilson, s’exprimant récemment dans une généreuse entrevue, sur le processus créatif de son très riche double-opus, Grace For Downing, que je conseille à tous les explorateurs de musiques rock, prog, actuelle, jazz. Un riche amalgame qui nous disent que les horizons du leader de Porcupine Tree continuent de reculer, de s’étendre à l’est et à l’ouest; par moments, nous sommes sur les terres volcaniques du fameux power-trio de Red (King Crimson), augmenté d’un saxo halluciné à la Ladies of the Road, par moments nous marchons dans les paysages cristallins de la musique la plus élégiaque. Un rock qui respire et qui exulte, avec toujours dans son coeur inaltérable une force émotive surprenante…

Car au coeur de Grace for Downing, il y a de l’impro, et de l’impro de haute tenue comme dirait Alain Brunet. Ce qui, encore et toujours, nous ramène au jazz; au jazz, au centre spirituel du terme.

Steve Wilson

Steve Wilson

I disciplined myself to not plan out the structures too much and allow for things to happen during the recording process. That brought forward the spirit of improvisation and jazz into the music, as well as the spiritual qualities. The soloists had the opportunity to express themselves without the restrictions of tight arrangements in which they might be told “You have eight bars here to say what you want to say.” For this album, as far as I was concerned, if they wanted to play over 54 bars or even 100 bars, they could. I wasn’t going to cut them off.

In this context, spirituality means something that comes directly from the heart or soul without any kind of intellectual process getting in the way. When you bring in a jazz musician or any soloist used to improvisation, ideally you say “I want you to say something here. Speak in the voice of your instrument and tell us a story.” By their nature, jazz musicians don’t intellectualize what they play beforehand, and for me, that’s what makes their contributions more spiritual. That’s what I love most about jazz. It’s almost like there’s no barrier in place between you and the voice of the instrument or performer. That’s something that’s been lacking for me in a lot of my work over the last 10 years.

Grace for Downing coûte un gros 14$, en téléchargement haute-résolution (24-bits), chez Burning Shed.

L’entrevue complète:  http://www.innerviews.org/inner/wilson.html

C’est une série exemplaire sur laquelle j’ai voulu attirer votre attention dans l’édition de janvier de TED (Québec Audio-Vidéo), et je le refais ici, alors que des nouvelles très attendues nous arrivent de la bouche du cheval.

Les rééditions de King Crimson, dans lesquelles Robert Fripp et Steven Wilson (celui de Porcupine Tree bien sûr) unissent leurs forces créatrices, est exemplaire, à tous points de vue.

  • Les puristes ont droit à des remasterings haute résolution de leurs mix adorés;
  • les plus aventuriers ont droit à des remix multi-canaux ET stéréos des albums qui parfois en bénéficient grandement, Lizard restant pour moi un cas patent d’un remixage qui atteint de multiples buts techniques et artistiques: en retournant aux multi-pistes d’origine, on peut débarasser ces mixages parfois très denses de leurs couches superposées de “bouncing”: le son y gagne force, clarté, séparation, ultimement impact d’origine. Et l’évident respect de Steve Wilson pour les mixages d’origine, qui fait que toujours il en respecte l’esprit pleinement, nous préserve des relectures modernistes contestables, qui ont nui à la crédibilité des remixages stéréo de Nick Davies sur la série des Genesis;
  • les “complétistes” ou fanatiques finis ont droit à de passionnants bonus, sous forme de maquettes, mixages alternatifs, versions live et autres;
  • et il y a même des bonus vidéo sur certaines éditions.
Le tout dans un très beau packaging et pour un prix raisonnable, qui ne laisse aucun goût amer.
Évidemment, le coup de génie de Robert Fripp dans cette grande aventure de réédition, ce fut d’engager Steven Wilson, un artiste passionné, passionnant, respectueux du passé et moderniste à la fois, excellent mixeur et grand promoteur du format DVD-A.
Les membres du forum SteveHoffman.tv ont eu toute une surprise récemment, lorsque Steven Wilson est venu lui-même nous éclairer sur l’avenir immédiat de la série (à laquelle ne manqueront dorénavavant que le King Crimson post-Discipline et le très attendu Lark’s Tongues In Aspic.) Je vous en donne une traduction-maison, et je vous laisse en lien les commentaires de M. Wilson lui-même.

Discipline a récemment pris la place de Lark’s Tongues In Aspic dans le calendrier des rééditions (en septembre 2011). DGM (le label de Fripp) et Panegyric sont en processus d’acquisition de films vidéos d’archives TV du quintet de l’époque Larks’ Tongues (ce qui nous donnera l’occasion de voir en action l’éphémère et fascinant multi-instrumentiste James Muir et le violoniste David Cross, avec bien sûr le power-trio Bruford/Wetton/Fripp). Nous espérons que l’acquisition de ce matériel, accompagné du matériel audio supplémentaire, fera de Lark’s Tongues une des plus fascinantes et exhaustives rééditions de la série. Je sais, cette attente est frustrante, mais je pense que l’attente en vaudra la peine.

- SW

Steven Wilson et Robert Fripp

Évidemment, l’apparition du très respecté musicien-ingénieur de son sur le forum a immédiatement déclenché plusieurs commentaires/louanges/kudos, mais aussi l’automatique grincheux/puriste qui s’est plaint de compression sur le remixage stéréo de Lizard. Très gentleman, Steven Wilson a mis les points sur les “i” (peut-être savait-il que le mot compression est devenu le buzzword du forum, employé à toutes les sauces, souvent sans aucune vérification. Mais, de manière plus intéressante, ça nous a permis d’en savoir plus sur le processus décisionnel de la série et les techniques employées. Alors, en me glissant dans l’excellent remix de Cirkus, je vous traduis le tout, en espérant bien rendre l’esprit et la lettre de la chose. Bon dimanche!”

Bonjour à tous,

Si vous croyez que j’opère une compression ou un EQ (égalisation graphique) de la sortie stéréo lorsque je grave les nouveaux mixages, la réponse est non, il n’y a rien de ce côté de ma part. Pour ce qui est du mastering des mixages originaux, je n’en sais rien, et je doute que Robert (Fripp) s’en souvienne. En général, l’état des bandes maîtresses et leurs tonalités sont excellents et ont demandé très peu ou aucune compression ou EQ. Toute autre manipulation globale sur le mixage serait du ressort de Simon Heyworth au moment du mastering; et même si mes oreilles ne sont sans doute pas les meilleures pour en juger, je ne peux entendre aucun effet lié à l’utilisation de la compression ou d’un “limiter”; rien que des choses très subtiles. 

Ce qui m’amène à croire que la réaction du précédent “poster”, qui trouve le nouveau Lizard “beaucoup plus mauvais” que l’original, est déclenchée par quelque chose d’autre. Ce qui pourrait être:

1. Les contrastes dynamiques, des passages calmes aux passages “bruyants” sont un peu moins extrêmes – nous croyions que nous pouvions augmenter légèrement le volume des passages calmes sans sacrifier l’impact des passages plus volumineux. Ce qui n’a rien à voir avec la compression, c’est simplement un mixage des passages doux à plus fort volume

2. Il n’y a à peu près pas de EQ dans ce nouveau mixage, en particulier si on compare avec le EQ appliqué au mixage original. Robert avait des difficultés avec la sonorité de la console de mixage de Wessex lors du mixage original, et il a dû (selon mon opinion) sur-égaliser les fréquences (over-EQ’d). Les nouveaux mixages utilisent la véritables tonalité des instruments sur les bandes maîtresses, avec très peu de manipulation. Ce qui peut surprendre celui qui s’est habitué à la tonalité très “processée” du mixage original.

3. Tous mes remixages du matériel de l’ère analogue mettent en lumière des fréquences aiguës (high end), à 12 kHz et au-dessus – et bien que ce procédé aide immensément la clarté et la séparation des instruments, il est possible qu’un effet secondaire soit une sonorité moins analogue, plus digitale. Mais je ne rajoute pas ces fréquences, elles existaient déjà dans la musique, simplement les procédés de mixages sur ruban quart de pouce et la gravure sur vinyle ont tendance à atténuer ces fréquences. Ce que je sais cependant de manière certaine, c’est que mes remixages représentent mieux ce qu’on entend dans les multipistes d’origine que les mixages originaux – je peux l’assurer parce que honnêtement je manipule très peu ce qui se trouve sur les bandes d’origine (“just matching balances, volume rides, effects, and stereo placements”).

En réponse à vos autres questions:

Je travaille seulement dans la sphère digitale, sur une plate-forme Logic et ses plug-ins- les plug-ins sont aujourd’hui tellement bons – je viens de remixer Aqualung en utilisant uniquement  le “Universal Audio SSL channel strip”, le “EMT plate reverb” et des simulations d’écho à bande (“tape delay”) et à mes oreilles (qui ne sont pas, je l’admet, des oreilles expertes), elles sonnent formidablement d’époque (“vintage”).

Il y a beaucoup de changements que Robert (Fripp) voudrait faire et où je lui dis non! Sa position a toujours été la même: si le super-fan (moi) tient à certaines choses, alors il s’en remet à moi. Lorsqu’il y a des changements, c’est parce que j’étais d’accord avec ses raisons. Mais mon but a toujours été d’être aussi fidèle que possible aux mixages originaux – parce que comme plusieurs d’entre vous, j’ai grandi avec ces disques et je suis complètement dédié à en préserver l’héritage – beaucoup plus que l’artiste lui-même, qui entend tous les défauts et les choses qu’il ferait différemment maintenant.

Je reste à bord pour les 10 premiers albums studios, jusqu’à (et incluant) Three of a Perfect Pair. Je crois qu’il y a des plans pour que Jakko fasse au moins Trakk, et possiblement les albums studios plus récents. L’ordre des sorties est une combinaison de mon propre désir (j’étais impatient de faire Lizard), le temps nécessaire pour localiser et acquérir les droits de certaines pièces (en particulier le matériel vidéo) et le désir de la compagnie de disques de répartir les gros canons (l’album du début, Discipline, Lark’s Tongues et Red) avec des albums peut-être plus sous-estimés.

- SW

via King Crimson 2009 re-issues CD / DVD stereo/5.1 all inclusive thread (Part 2)

Eh oui, un remixage de “Aqualung” (Jethro Tull) est en cours, vous avez bien lu! Des jours bien heureux attendent l’amateur de progressif “vintage”.  Quant à Steven Wilson, si dans un futur (hautement improbable) il se lasse de ses albums solos ou de Porcupine Tree et de ses multiples collaborations, on peut voir se dessiner un avenir tout aussi brillant en tant que remixeur stéréo et multi-canal.

RIP AMY

Posted: 23 juillet 2011 in 27 Club, Amy Winehouse

You Know I'm No Good

Une autre addition au malheureux 27 Club.

Ce disque demeure, près de 15 ans après sa sortie, un objet fascinant, inquiétant, une sorte de carte de visite spectrale de Robert Zimmerman, le barde du Minnesota. Bob Dylan, certainement le songwriter le plus Nobellisable que le rock ait créé, au sortir d’un accident cardiaque, chantait d’une voix cassée de corbeau fatigué Tring To Get To Heaven Before They Close The Doors.

Aux commandes, qui d’autres que le Franco-Ontarien Daniel Lanois pour créer le sfumato inquiétant, le fond de scène de cette voix brisée?

Mais le son… L’étrange son de cet album… Ce son qui, je l’admet, à mes heures d’errance audiophiliaques, m’a tant fait rager… Cette création étrange, si loin des standards audiophiles, et pourtant à l’oppressante poésie noire… qu’en était-il?

“Bob has a fascination with records from the Forties, Fifities and even further back,” says Lanois. “We listened to some of these old recordings to see what it was about them that made them compelling. I concluded that what was interesting about these records is what I call `depth of field,’ with something very much in the foreground, something else much further back and something else further back than that. Obviously, that depth of field wasn’t artificially created. They didn’t have multi-tracking back in those days. So I can only assume that the results were arrived at by the placement of people and microphones in the room. We decided that this was something to pursue. I knew Bob had a feeling for that sort of thing.”

Lanois a toujours fait rager les audiophiles purs et durs. Parce que Lanois est d’abord et avant tout au service de la musique. Et tant pis pour les salons Son & Image.

À lire!

ACADIE :: Interview on the recording of Time Out Of Mind.

Haute-fidélité vs musique

Posted: 18 juillet 2011 in Keith Jarrett

Keith Jarrett (photo by Jimmy Katz)

“My God! What does sound have to do with music?”

- Charles Ives

“A lot of audiophiles are like shopaholics and they couldn’t settle down with one system if they wanted to. They could just as well be into model trains, which I am also a fan of, by the way.

“If it were truly about the music as many of them say, magazines would be reviewing music as music, and they wouldn’t be reviewing it based on sonics. That’s so depressing to me. It’s like, ‘Well shit—how did Hank Jones know they weren’t going to record it perfectly.’  How come people still buy certain Charlie Parker recordings even though all you hear is his horn and nobody in the band? There’s got to be some reason beyond the sound.”

- Keith Jarrett

Since the inception of digital, I have been disappointed with every single piano recording I’ve ever made, with the exception of two or three, and I’m now able to describe accurately to Manfred what I hear that I don’t like.

- Keith Jarrett

Une entrevue à lire ABSOLUMENT pour qui aime et la musique et le son.

http://www.soundsgoodtome.us/2011/01/05/keith-jarrett-on-high-performance-audio-and-its-influence-on-his-recorded-output/

Et pour ceux qui comme moi  sont intéressés à connaître l’équipement de référence audiophile que vante Keith Jarrett dans l’entrevue, les voici:

PRÉ-AMPLI À TUBES Convergent Audio Technology
(le SL1 Ultimate possiblement?)

MONO-BLOCS TRANSISTORS BEL 1001 Mk III

TABLE TOURNANTE LASER (!!!) ELP

ENCEINTES Eidolon Diamonds de Avalon Acoustics

Je suis tellement impressionné par cet album…

72 minutes d’un voyage dans ce que le jazz offre de mieux: la communion sensible, à la fois pleine de force spirituelle, de lyrisme musicale, de blues intime, entre quatre musiciens en conversation modale… Leur entente doit être totale, leur confiance réciproque au plus haut point.

Dans un sens, ce quatuor me rappelle celui de Wayne Shorter, avec Danilo Perez et l’extraodinaire Brian Blade, qui nous avaient visité au Festival de Jazz il y a quelques années. Vous avez le vieux sage, la légende vivante qui porte en lui l’héritage immense du jazz des cinquante dernières années; et vous avez les jeunes loups qui prêtent la force de leur jeunesse, et je dirais la force de leur humilité, dans un dialogue intergénérationnel passionnant.

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>Cigarettes et cafés

Posted: 25 juin 2011 in Peter Falk

>La cohorte des anges compte un nouveau mauvais garnement.

Gageons qu’il est en train de prendre un verre avec Solveig Dommartin.
RIP Peter Falk.

>

Paraît-il que lorsque Grant Green, le mythique guitariste de Blue Note, entama la 33e mesure de son solo, le pianiste Duke Pearson, compositeur de cet “Idle Moments”, et qui dirigeait le trafic à cette session, fut le premier surpris, car il était entendu que la pièce-titre de cette session Blue Note ne devait pas dépasser sept minutes. Et conséquemment, selon les calculs de Pearson, Green avait droit à 32 mesures et ses acolytes à 16 chacun.

Mais, est-ce par erreur de calcul ou par la force de son inspiration tranquille, Green doubla la longueur de son langoureux et séduisant solo. Par souci d’équilibre, Pearson donna donc 32 mesures, puis passa le relais à un tout jeune Joe Henderson, qui fit de même dans un solo de ténor envoûtant, à la sonorité suave et addictive. Le vibraphoniste Bobby Hutcherson suivant l’exemple, Pearson regardait, légèrement inquiet, le producteur Alfred Lion à la console. Mais celui-ci souriait, parce que la musique, la bonne musique, n’est-ce pas, module le temps à sa volonté, et puis tant pis, on referait la prise, et on terminerait celle-ci dans l’amour de ce moment parfait.

Sauf que les musiciens ne réussirent jamais à recréer la magie de cette prise en 7 minutes, et c’est donc cette version de 15 minutes qui, depuis, constitue la pièce-phare de ce magnifique disque de fin de nuit…
Que je vous conseille dans sa nouvelle version Analogue Productions, SACD. Petit moment de perfection, avec entre autres deux versions de “Django” du Modern Jazz Quartet. L’une d’elle fait 13 minutes, et n’est pas en reste de blue note.

À ranger dans votre discothèque, tout près de Midnight Blue de Kenny Burrell.

>Alors que mon vinyle crépite… et que la passion, presque violente, de Claude Léveillée envahit ma salle d’écoute (“Ne me parlez plus de vos chagrins” me donne toujours des frissons, plus de 35 ans après sa parution)

Je me scandalise à nouveau, une autre fois, de constater l’état déglingué, misérable, de la réédition discographique du Québec. Consternant de savoir que je peux trouver et télécharger en quelques minutes un obscur live montréalais de 1963 de Bob Dylan mais que les grands disques de Léveillée ne sont pas disponibles en CD.

À quand un Rhino québécois?

Pourquoi personne ne peut-il prendre la relève des Guylaine Maroist et Patrice Duchesne qui ont fait un travail considérable dans ce domaine mais qui ont depuis quitté l’industrie musicale?

Notre SODEC, si prompte à se pêter les bretelles du moindre demi-succès cinématographique, pourrait-il mettre ses ressources considérables à pied d’oeuvre pour résoudre les difficiles problèmes liés à la mise en valeur des bandes maîtresses qui accumulent la poussière sur les tablettes des “majors” et ex-boss de maisons de disques aujourd’hui assis sur leur patrimoine?

Notre ADISQ, si prompte à dénoncer les internautes mélomanes et à les culpabiliser, pourrait-elle cesser de se traîner les pieds devant l’évolution inéluctable de la distribution musicale et utiliser les possibilités inouïes de la distribution digitale au lieu de la rejeter?

Voilà c’était ma montée de lait du samedi matin!

Séquestré dans un espace mental, pour fins de création.

Rien de tel que de se créer un “Mix Tape” pour préserver les conditions favorables.

Quoi que vous pourriez vous inquiéter de l’état mental de celui qui vous propose cette Bouillabesse Musicale.

Ce Mix Tape  pige abondamment dans des découvertes musicales récentes que je veux vous partager. Merci à LittleNemo, Zézette et bien sûr Mimi, vous saurez vous reconnaître!

Le Mix Tape suivant sera en-ligne pour une à deux semaines.
Mais laissez-moi vous parler des protagonistes…

D’abord, pas moins de trois pièces de l’hypnotisant dernier opus de Blonde Redhead, Penny Sparkle. Une chanteuse japonaise, deux alchimistes sonores italiens, la ville de New York comme bassin créatif… Hautement intoxicant, avec quelque chose de salement sensuel au coeur du rythme moite. La pièce Black Guitar, qui donne son nom à mon petit “mix tape”, est certainement un des trucs les plus collants que j’ai écouté de mémoire récente. En boucle, en boucle, en boucle… Achetez-le, en plus c’est un des plus beaux “packagings” que j’ai vu en CD.

Immédiatement après Oslo, qui ouvre le bal, j’ai placé mon titre préféré sur le dernier Radiohead, le (légèrement décevant, admettons-le) King of Limbs. Concernant ce dernier, puis-je vous suggérer de refaire le “pacing” à votre manière, en y intercalant les deux excellents titres de leur single Supercollider – The Butcher?
Impossible de faire un “mix tape” cette semaine sans un titre du regretté Gil Scott-Heron, décédé la semaine dernière. La figure emblématique du “Spoken Word” restera une victime tragique de l’urbanité. Il a fini sa vie dans un sous-sol sombre où le temps s’est ralenti au rythme du crack qui lui servait de soupape. New York Is Killing Me, chantait-il sur son magnifique et sombre dernier disque, I’m New Here., que je vous recommande toujours aussi chaudement. RIP Gil.
Vous ne connaissez pas le Cinematic Orchestra? J’espère que leurs deux titres sur cette compil’  vous donnera envie de les explorer. Dès les premières notes de leur acid-jazz vigoureux et chaleureux (“Motion“), on savait que ce collectif mené par J. Swinscoe n’était pas un combo acid-jazz comme les autres. Leur deuxième opus, Every Day, est simplement un des meilleurs albums toute catégorie confondue des 10 dernières années. Leur palette, depuis, semble s’élargir sans cesse, au point de se distendre. Peut-être l’énergie folle des débuts s’est-elle quelque peu perdue. Je vous propose ici deux titres, dont ce “redux” extrêmement réussi de “Evolution” sur la bande son de “The Man With A Movie Camera“. Énergie, soul et liberté musicale maximum.