>Remasterings – la liste des rééditions les plus attendues… revisitée #6

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La grande saison des rééditions approche à grands pas et avant même d’avoir eu le temps d’écrire la deuxième partie de cette chronique, voilà qu’on veut déjà la revisiter… Faut dire qu’on vit une époque exigeante et excitante, côté rééditions, alors qu’apparaissent côte à côte des rééditions affreusement compressées de grands albums du catalogue (les Rolling Stones post-Let It Bleed, Genesis), victimes de la « loudness war », et des rééditions « mono », ce mot qui, il n’y a pas si longtemps, était banni du lexique audiophile. Comme quoi il ne faut jamais désespérer, l’être humain est plein de surprises.

RÉÉDITION LES PLUS ATTENDUES – 
#6 les titres de AUDIO FIDELITY (revisitée)
L’étiquette dans laquelle officie Steve Hoffman, le plus médiatisé des ingénieurs en remastering, ne cesse de nous surprendre, par son choix éclectique et très inégal de titres. La bonne nouvelle, c’est l’annonce (comme les lecteurs de ce blogue le savent) de la réédition du mix mono du fameux disque de John Mayall, Eric Clapton and the Blues Breakers… nous prouvant hors de tout doute que AF est à l’écoute des audiophiles, ou à tout le moins des audiophiles sur le forum de Steve Hoffman. Des mixages mono inédits en CD, il en pleut et si le monde audiophile s’ouvre à la possibilité mono, tout un pan de la culture pop mondiale pourrait vivre de belles heures: Rolling Stones, Hendrix, Otis Redding, les Doors, Frank Sinatra (dont le Only The Lonely sur Mobile Fidelity fut un franc succès artistique), Buffalo Springfield, Motown, les 45-tours des années ’60, etc…


Mais les sorties du mois d’août du label furent pas mal moins ragoûtantes. Pourquoi encore nous asséner des rééditions des Doors, le catalogue le plus sur-exploité du rock? Tout simplement parce que les deux titres réédités, The Soft Parade et Morrison Hotel, étaient les deux seuls titres du catalogue original à n’avoir jamais été remasterés par Steve Hoffman, du temps du label DCC. Un trou historique donc, qui fut comblé. Et puis, ce sont les mix originaux, disparus du catalogue aujourd’hui. 
La spectaculaire fusion orchrestrale-blues-psychédélisme sonne bien, y’a pas à redire, mais Bernie Grundman avait aussi fait un bon boulot en 1999!  The Soft Parade est-il en rétrospective un meilleur album? Touch Me, Wild Child, Shaman’s Blues nous montrent un Morrisson toujours aussi dangereusement talentueux, avec tout son venin de gosse riche pourri par les drogues et ses propres ambitions littéraires, mais à l’inverse Do It et Easy Ride nous montrent un groupe qui se laisse tranquillement aller… Que penser de The Runnin’ Blue, rencontre improbable d’un groupe de drogués californiens et d’un western ringuard? Quant à The Soft Parade, les 9 minutes de la mini-suite poétique aux accents discoïdes sont aussi fascinantes qu’inquiétantes. Bien étrange album. Au moins, Morrisson Hotel, par son repli sur un blues-rock graveleux, a pavé la voie à l’ultime chef d’oeuvre du groupe, L.A. Hotel.


Bref… on aimerait voir Audio Fidelity et Hoffman s’attaquer à autre chose parfois… Déjà, la sortie début septembre du premier Prentenders fera du bien à un catalogue un peu trop fixé sur le classic rock, façon FM. Les années ’78-’85  ne manquent pas de grands classiques oubliés: Television (Marquee Moon, quel album!), P.I.L., Iggy Pop, Buzzcocks, Wire, Joe Jackson.  Et si on doit à tout prix contenter les fanas de CHOM-FM, pourquoi ne pas s’attaquer à des albums historiquement mal servis par le CD: le premier Boston, Bat Out of Hell de Meat Loaf, voire même Styx!
Quant aux Doors, après les remasters audiophiles, les remix stéréo, les remix DVD-A stéréo, les remix multicanaux et le mono du 1er album, que reste-t-il à soutirer au catalogue? Ah oui, les mix et « edit » 45-tours. Ils y penseront sûrement. En attendant, après une bagarre de plusieurs années dont nous avons vécu les derniers soubresauts « live » sur le forum de Steve Hoffman, on peut annoncer que les bandes originales des Matrix Tapes ont finalement été acquis par le groupe et ses gérants; ceux qui ont acheté l’affreuse édition récente du spectacle « live » (Live at the Matrix ’67) ne vont pas en revenir lorsqu’ils vont entendre la « vraie affaire ». Dire qu’on les a roulés dans la farine, c’est peu dire. La différence entre les vrais Matrix Tapes et la version officielle est abyssale. On vous tient au courant.

 
Live At The Matrix
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