Sur la planète musicale cette semaine

Évidemment, l’actualité musicale de la semaine a été dominée par le nouveau single des enfants chéris de la Métropole, Arcade Fire. Deux clips (dont un interactif), un single incroyablement groovant qui nous fait décoller du quotidien pour près de 8 minutes (!) [et qui fait ravaler leurs paroles à tous ceux qui croyaient que le porte-étendard du Montreal Sound ne serait qu’une étoile filante au firmament du rock], une série de spectacles à la Salsathèque…

Win Butler se rappelle avec nostalgie une époque – pas si lointaine – où les lancements de disques et de vidéos étaient mémorables… Que faisiez-vous lorsque Thriller (le vidéoclip) a été lancé? Tous les enfants des années ’80 en ont gardé le souvenir, et Butler a voulu faire de Reflektor un moment marquant de l’actualité culturelle. Aura-t-il réussi son pari? L’avenir prochain nous le dira, mais une chose est sûre, tout le tapage médiatique du monde ne peut racheter un canard boiteux. La musique doit être à la hauteur et à ce niveau, Arcade Fire a réussi un coup de maître! Pas de doute que la production de James Murphy, du LCD Soundsystem, aura permis au groupe d’élargir sa palette sonore déjà considérable et d’asseoir une pièce, déjà excellente, sur un groove absolument irrésistible (sans parler de cette progression dramatique à la 3e minute, qui donne les frissons).

En même temps qu’il sonne absolument moderne, le single donne un coup de chapeau à quelques maîtres passés: la présence (remarquée) de David Bowie aux voix (sur un accompagnement de saxo qu’on croirait sorti d’un disque de Roxy Music), la réalisation du vidéo par Anton Corbijn, un nom qui déclenche dans nos mémoires le souvenir troublant de l’iconographie rock du tournant des années ’80 et ’90 (U2, Depeche Mode, R.E.M.) et qui promet toujours des clips énigmatiques et sombres. Celui-ci ne fait pas exception. Mon fils de 10 ans adore jouer The Reflektor à la batterie, mais le clip déclenche chez lui une fascination légèrement inquiète « La musique est parfaite, mais le film est tellement bizarre » me dit-il. J’essaie de lui expliquer l’onirisme visuel, mais mon explication tombe à plat!

Et maintenant, notre attention se tourne vers le passage prochain du groupe à Saturday Night Live et surtout à la sortie de l’album, fin octobre. On se rappellera que Murphy n’a pas réalisé l’album et on se demandera si le groove irrésisitible de Reflektor n’aura été qu’une brève illumination du son Arcade Fire; Win Butler nous jure que non, que Murphy tapait du pied en entendant les maquettes de l’album.

Parlant d’Anton Corbijn, j’ai pu visionné hier le dernier long-métrage du célèbre photographe hollandais, The American, avec un George Clooney plus sombre et torturé que jamais. Un film raisonnablement aimé de la critique mais impopulaire auprès du public; peut-être la bande annonce et l’affiche promettaient plus d’action qu’il n’y en a dans ce drame existentialiste sur un tueur à gages qui cherche à échapper à une bande qui cherche à l’éliminer. Campé dans des paysages italiens de toute beauté, photographié de manière exquise (et le mot est faible), habité par un Clooney au regard sombre et aux manières brutales, le film prend à rebours trop de clichés pour ne pas prendre à rebrousse-poil l’Américain moyen: Clooney y abat une amante (innocente) dans le dos, il se terre de ses poursuivants, il tombe en amour avec une pute (après une scène sexuelle torride et peu conventionnelle!) et, faute suprême pour un super-héros américain, il meurt à la fin. J’ai finalement beaucoup aimé, même si, en définitive, le film est certainement un peu ennuyant. Mais Corbjin exerce un art subtil qu’il faut laisser macérer dans les nappes tranquilles de notre esprit et apprécier pour ce qu’il est: un exercice subtil aux franges de l’inconscient. Bien hâte de voir son film biographique sur Ian Curtis et Joy Division: Control. Un sujet qui lui va comme un gant!

Au fait, un bon mot pour Herbert Grönemeyer, qui signe l’excellente musique de The American. Ex-chanteur pop allemand, si je me rappelle bien mes jeunes années!

Et au fait, si vous voulez voir de magnifiques portraits rock signés Corbjin, cliquez ici. Pas mal, non?

Moment d’émotion: l’excellent pianiste francophile américain Jacky Terrasson s’est abonné à mon fil Twitter. J’étais très content. Puis j’ai vu que j’étais son 40,432e abonnement. Ça m’a calmé.

Sacrés médias sociaux!

terrason

On annonçait en grandes pompes que Nine Inch Nails avait préparé deux éditions de son nouvel abum, dont une édition « audiophile ». Excitation dans les cercles audiophiles, rarement choyés par la scène techno. Puis déception: oui, la version audiophile est légèrement plus dynamique, que la version traditionnelle ultra-compresée. Mais le mot-clé, c’est « légèrement ». À l’échelle du populaire outil d’analyse TTDynamic Range, on passe d’un DR de 5 à un DR de 6. De nouveau, on avise les amateurs de musique que la vraie version audiophile est en vinyle. Misère! Et du même coup, on vous renseigne à l’effet que les versions hires du premier Pearl Jam, Ten et Ten Redux, sortis sur HDTracks, seraient en fait des versions hires des remasterings récents de l’album, également très compressés. Bref, dans le monde de la réédition, on reste entre chien et loup.

On se consolera en faisant une petite razzia dans l’aile ECM de HDTracks, où une vente de 20% sévit en ce moment. Même en résolution redbook, les disques ECM offrent une qualité sonore remarquable.

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