Le nouveau St Vincent: Annie Clarke au sommet de son art

Chaque écoute du dernier album de St. Vincent nous amène un peu plus loin dans le paysage musical stimulant, peuplé de références et d’amalgames surprenants et iconoclastes, d’Annie Clarke. La fascinante guitariste y poursuit une trajectoire sans cesse ascendante, qui favorise un peu moins ses talents à la 6-cordes, au profit du groove, de nappes électroniques et d’une écriture de plus en plus intéressante.

St Vincent 3Musique d’intellos? Oui sans doute. Mais ce qui fait qu’on en redemande, encore et encore, ce sont ces grooves, lignes mélodiques, élans de songwriting nourris aux multiples influences, et qui n’ont jamais été aussi pop, mélodiques, accessibles, attirants, physiques. En solide équilibre sur son fil de fer, Annie Clarke, maintenant ornée d’une crinière pâle peu naturelle, nous balance riffs de guitare obliques à la Adrian Belew, nappes de claviers électroniques (y compris d’envoûtant Mellotron sur Prince Johnny), des rythmiques capricieuses et même quelques moments de pure délire que n’aurait pas reniés Kate Bush dans sa phase la plus expérimentale (la formidable Bring Me Your Loves, complètement addictive). Et si cet amalgame de lointaines références (car tout ce bagage musical a longtemps mijoté et est indéniablement sien maintenant) pouvait rappeler une unité musicale d’antan, tout aussi futée, affûtée, intello et physique à la fois, ce serait certainement les Talking Heads.

Byrne & St VincentOn ne se surprendra pas alors que David Byrne l’ait repérée et que leur rencontre sur Love This Giant ait pu permettre à Annie Clarke d’élargir encore sa palette sonore, son instinct mélodique et l’impact physique de ses propositions. Lire ici qu’elle et son groupe donnent envie de se secouer les pieds autant que les méninges. « Digital Witness » semble d’ailleurs le direct prolongement de cet album

Et comme c’est un album fécond, chaque écoute nous permet d’en apprécier la riche matière: tantôt rock alternatif, tantôt électro, tantôt planant, tantôt juste étrange et séduisant.

Ne nous surprenons pas de voir le buzz critique suivre: 89% sur le site d’amalgame Metacritic! Assurément un des albums qui restera de cette année 2014.

Le son

Après le fleur, le pot? Même si elle a quitté le label 4AD, qui ne fait pas dans l’audiophile la plupart du temps, Annie Clarke présente sur St.Vincent un son qui rappelle tout à fait son précédent, Strange Mercy: hyper-dense et très compressé dynamiquement, que ce soit dans sa version CD régulière, sa version haute-résolution ou même sa version vinyle. Cette dernière a été remarquée pour les mauvaises raisons: vinyle marqué, gondolé, au son quelconque. (La version vinyle comprend un téléchargement unique, MP3, à 320K). Raison d’aller voir la séduisante créatrice lors de son passage au Festival de Jazz cet été, et de l’entendre dans de meilleures conditions!

LA MUSIQUE

4 étoiles

LE SON

3 étoiles   DR

« Digital Witness » – vidéo officiel

Entrevue avec Annie Clarke

ANNIE CLARKE avec NIRVANA

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