Je cours jamais sans mes iGrado!

On a parfois l’impression qu’il y a plus de coureurs sur les routes québécoises que de chevreuils dans les Laurentides ou de gazelles sur le continent africain! Je le sais, je suis l’un d’eux, et mon « plaisir solitaire » d’antan devient de plus en plus difficile à pratiquer tranquillement dans une relative solitude! Vous les voyez sortir de leurs bungalows à la brunante, s’élançant sur le bitume pour aller se remplir les poumons d’oxygène? Une vraie volée d’éphémères à la cuisse agile!

Il y a à cela quelques bons côtés: l’un de ceux-là, c’est qu’on nous gâte, nous, les coureurs, avec une panoplie d’objets plus ingénieux les uns que les autres, qui rendent la course de plus en plus intéressante et conviviale.

Ne nous surprenons pas de voir les fabricants hifi se mettre de la partie. Après tout, l’audio portable est en progression constante depuis le premier Walkman et il est prouvé (je vous le jure) que la musique rend le coureur plus performant. Et pourquoi devrait-on souffrir des oreilles autant que des jarrets, alors qu’il est possible de vivre une (relative) expérience audiophile tout en courant?

LogoEn tous les cas, dans la gamme d’objets indispensables à mon plaisir de course, tout juste derrière les baskets et bien avant la bouteille d’eau, il y a mon iPhone et mes iGrado!

Mais il m’a fallu du temps. Beaucoup de temps.

D’abord j’aime bien entendre les bruissements de la nature rythmés par les pas de la course. Puis, quand j’ai commencé à trimbaler mon entraîneur « virtuel » (miCoach de Adidas), la qualité sonore de la musique était misérable et le coach bien trop bavard (« Plus vite. Moins vite. ») . Le silence était bien mieux!

Mais un jour, je suis passé au iPhone. J’ai mis Issac Hayes, Hot Buttered Soul, dont la rythmique s’accorde si bien à mes pas. Les 10 km sur mon parcours préféré, ile Notre-Dame, ont passé comme dans un rêve.  J’étais « accroché ». Je cours en musique depuis.

Sauf que. J’ai longtemps été indifférent à la qualité sonore que j’entendais. J’ai usé quantité d’intra-auriculaires discrets, pas chers, pas bons. La musique était un détail, un petit luxe; ce qui comptait, c’était la voix du « coach ».

Et puis un jour, j’ai enfilé… les iGrado. Mon monde venait de changer!

iGrado – confort ou musique?

Je dois avouer que j’ai butiné un peu avant de les adopter définitivement… J’ai essayé quelques modèles intra-auriculaires assez chers. Je ne les nommerai pas ici. Des merveilles selon certains spécialistes. Intéressant. Personnellement, je les trouvais épouvantablement anémiques. Leur vertu c’était la discrétion, pas la musique!

Faut dire que les iGrado ne sont pas, eux, spécialement discrets. Avec leur arceau serre-tête rabattu sur la nuque et leur grillage de métal style ruche d’abeille par-dessus les transducteurs, ils ont un petit look un peu robotique qui ne sera pas du goût de tous. Le câble, assez rigide et brun (!) dans le modèle que j’ai sous les yeux, a une petite tendance à s’entortiller autour du cou. Ils ne sont pas lourds, 85 grammes, mais quand même. Une heure de course à un bon rythme, et les mousses recouvrant les transducteurs gagnent en poids et l’arceau semble serrer votre nuque d’un peu plus près.

 

iGrado

Indestructible arceau de plastique?

 

Parlons un moment de cet arceau, en plastique rigide noir. Peut-être serez-vous un peu inquiets au moment d’en écarter les côtés pour positionner les iGrado sur vos oreilles. On aurait tendance à croire que leur capacité à reprendre leur forme (et à maintenir une pression suffisante) diminue avec le temps. Croyez-moi il n’en est rien. J’ai porté les iGrado dans toutes sortes de conditions (y compris pour plusieurs dizaines de courses dans l’hiver épouvantablement robuste que nous venons de vivre) et de toutes sortes de manière (au-dessus ou en-dessous une tuque par exemple). Ils ont toujours, à ce jour, cette rigidité rassurante. Qui plus est, il est facile, en jouant avec l’angle de l’arceau derrière votre nuque, de trouver la position la plus confortable pour vos oreilles et votre tête. Beaucoup plus confortables que ne le suggère leur aspect. Et si jamais les mousses ont besoin d’être changées, ça se fait en un tournemain.

DES SR60 NOMADES???

Mais au-delà du plastique moulé, qu’y a-t-il derrière?

P1410345resize

Grillage de métal, très 80’s. Derrière, des SR60!!! (Photo: Denis Filion)

Et bien, c’est là que les choses deviennent intéressantes. Les transducteurs? Les mêmes que les SR60. Ah, voilà que j’ai toute votre attention!  Après tout, on parle ici d’un classique des écouteurs de studio. Voilà qui nous renseigne ici sur la signature sonore recherchée par le fabricant. À savoir: pas de signature sonore! De la vraie musique.

De la vraie musique en courant? Est-ce vraiment possible?

Absolument!

Ici, pas de basse « boomy » qui vous transforme en caisson de grave ambulant et rend les Tylenol impératifs. Pas d’aigus criards non plus. Une réponse de fréquences relativement « flat ». On parle de transducteurs haute-fidélité après tout!

Évidemment, ce sont des écouteurs ouverts. C’est-à-dire que si vous ne voulez pas que vos voisins sachent que vous vous entraînez au son d’ABBA, ils ne sont pas pour vous. Pas vraiment un problème quand on court dehors. Un peu moins plaisant en gymnase. Mais pour moi, ce « design » est une obligation pour la course extérieure.  Il faut rester conscient de son environnement lorsqu’on court à l’air libre et dans les rues. Surtout quand les écouteurs ont cette capacité de vous entraîner loin dans un monde musical! Ce qui est le cas ici.

Il y a un autre grand avantage des écouteurs ouverts, dont les iGrado tirent un grand profit: l’image sonore.

Image

Le câble est assez rigide. Et doré/brun dans mon exemplaire. Bon, le brun est à la mode!

Les iGrado ont une image sonore formidable. La scène est ample, le placement des instruments très précis. La reproduction des timbres étant excellente, la réponse en fréquences fidèle à la réalité, l’image sonore précise et ample, vous voyez le topo: oui, vous écouterez la musique dans des iGrado. Et ça, je ne l’avais jamais fait en pleine session d ‘entraînement. Non seulement vous entendrez, mais vous écouterez.

Ainsi, j’ai pu me faire des session d’écoute intensives, à -15 degrés dehors, de Remain In Light de Talking Heads: et éplucher à loisir le mille-feuilles sonore préparé par Brian Eno sur Crosseyed And Painless: une vraie galaxie éclatée, riffs de guitare saignants sur rythmique bondissante du couple Weymouth/Frantz bien au centre, giclées de guitare cosmiques d’Adrian Belew qui se répondent dans chaque canal, basse ultra-funky, riffs de piano électrique, percus invités à gauche, petites touches d’Eno aux claviers à droite; couche après couche de constructions sonores, parfaitement reconstituées dans mon espace mental par les iGrado.

On n’a pas sacrifié le punch non plus. La montée en puissance de Reflektor (Arcade Fire), juste avant la troisième minute, si jubilatoire, vous procurera toute cette montée d’émotion apte à vous faire traverser le « mur » de votre corps rébarbatif! On parle ici de musique compressée, et difficile à écouter dans un cadre purement hifi. Mais dans l’ivresse de la course? Wow!

Alors, au final, les iGrado valent-elles leur pesant d’or?

Faisons le bilan!

À leur passif:

  • Un peu lourds;
  • Un peu rigides autour des oreilles;
  • Câbles un peu rigides aussi;
  • Pas spécialement discrets;
  • Un style bien à eux, qu’on aime ou pas.

Mais à leur actif:

  • Écouteurs ouverts;
  • Tiennent très bien en place;
  • Timbres naturels;
  • Réponse en fréquences excellente;
  • Transducteurs SR60;
  • Excellente image sonore;
  • Pour moins de 100$!!!

Hey! C’est pas la fête des Pères bientôt? Votre homme court encore avec les misérables intra-auriculaires fournis avec son baladeur?

Voilà le genre de cadeaux qui apporte un sourire très large!!!

Moi, je cours, mais jamais sans mes iGrado!

Publicités