Christian Wallumrød Ensemble: la beauté du désespoir scandinave…

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La beauté du désespoir scandinave semble infinie. Ou le désespoir de sa beauté. Selon la saison.

Hier soir, j’entamais la quatrième saison de cette fascinante série, The Killing, reprise aux États-Unis, disponible sur Netflix mais née de l’imaginaire danois. Quel ovni dans le paysage télévisuel américain. Série policière presque exsangue, thriller où tout se déroule au rythme de la sublimation de l’eau, héroïne policière si profondément enracinée dans le désespoir de sa solitude; et pourtant, série fascinante, comme de regarder un paysage de glace et de verglas. À titre personnel (et professionnel), j’ajouterais que les lieux de tournage sont, constamment, parfaits, et magnifiques.

Mireille Enos de la série "The Killing"

Parfaits et magnifiques, comme certains projets cristallins, givrés, gris et blanc, du label E.C.M., dont le minimalisme des livrets, la beauté des pochettes, l’opulence des prises de son et la sérénité inquiète des musiques donne refuge aux mélomanes contemplatifs depuis près de 45 ans!

Le tag JAZZ ne veut plus rien dire chez ECM, et ce depuis longtemps. Appelons leur jazz simplement la liberté sonore. Conceptions libres, profondes, inquiètes, proches de l’âme. Dans sa version scandinave bien sûr. Les romans de Henkell. Les films de Von Trier. The Killing. Et ce soir, dans ma sono, le fascinant One Year From Easter du danois Christian Wallumrød Ensemble.

Sur la pochette: paysage flou, noir et blanc: trois silhouettes dans un paysage hivernal. Puis, dès les premières notes de Arch Song, violon (ou viole) sur la gauche, la trompette du formidablementhassellien Arve Henriksen sur la droite, percus comme des coups sur la porte en arrière-plan (percus hyperréalistes, comme d’habitude sur les enregistrements du formidable Jan Erik Kongshaug), et piano préparé de Wallumrød, on sent qu’on fait une plongée, floue, mais vertigineuse un peu quand même, dans les zones inquiètes de notre âme. On sent l’automne qui arrive. Les bernaches chantent quelque part au-dessus de notre tête. Le violon commence à se faire lancinant, le piano insiste sur une mélopée aux allures de thriller spirituel… Je ne parle pas ici de Dan Brown.  Mais du meilleur de la fusion des mondes jazz, ambiant, sono mondiale, musique de chambre…

Christian Wallumrød Ensemble

Voilà, on est parti pour près de 54 minutes d’une mélopée qui vous fait voir la vie à travers une lentille différente.

Ceux qui ont aimé le magnifique Siwan de Jon Balke, ou les disques de Anouar Brahem, ou ceux de Stephan Micus, ou certains de Jon Hassell, tous des poètes sonores défendus par ECM, ne pourront qu’être happés.

N’avons-nous pas nous-mêmes l’âme un peu scandinave?

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1 commentaire

  1. Rouge Taureau,

    Une fois de plus, tu as trouvé les mots justes pour définir la musique enregistrée chez ECM. Il est question de jazz alors qu’il n’en est rien, comme si nous étions à court de catégorie et que ce qui s’y rapproche le plus est le jazz.

    Tu me donnes le goût d’écouter cet enregistrement qui m’avait laissé, je dois le dire, indifférent. Qui sait, la révélation m’attend peut être.

    R

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