Sur la platine: le nouveau blues de l’homme blanc…

Oui, RADIOHEAD est le groupe de rock le plus fabuleux de l’ère moderne et son leader/chanteur THOM YORKE est un fascinant poète de la modernité: un écorché vif qui a un talent hors du commun, un courage artistique rare: le blues de l’homme blanc, pour moi, c’est Thom Yorke, chantant, encore et toujours « I’m A Creep ».

Mais il faut bien se résigner: la grande époque fédératrice du groupe est chose du passé, du moins dans sa production discographique, de plus en plus éparpillée et exsangue. Et alors que les rumeurs racontent que Radiohead est présentement en studio en train de préparer le successeur de « King of Limbs » (sûrement leur album le moins engageant), surprise, Thom Yorke (et son fidèle complice le producteur Nigel Godrich) annoncent, avec un minimum de fanfare et de trompettes, la sortie du 2e album solo de Thom Yorke. Pas de maison de disques, pas de distributeurs, mais un curieux « bundle » qui se télécharge par BitTorrent (ex-ennemi juré de l’industrie musicale), pour un coût minime de 6$, dont 90% vont directement au créateur de la musique.

On retrouve ici le tandem Yorke/Godrich engagés, ceux-là mêmes qui fustigeaient Spotify récemment, cherchant pour eux-mêmes mais aussi pour leurs pairs des canaux de distribution viables, décidés à faire entrer l’industrie musicale dans le XXIe siècle.

Quant à la musique, si on se fie à l’extrait gratuit A Brain In A Bottle,  elle poursuit la trajectoire décalée du chanteur, son exploration d’un univers syncopé, plein de bruits électroniques et de cassures, de traits hachurés et de malaises existentiels, que je ne peux mieux résumer que le critique du New York Times qui avait ceci à écrire:

Through most of this brief album — just eight songs in 38 minutes, one of them an instrumental — Mr. Yorke mixes elegy and irritant as he questions and undermines song forms. Most of the new tracks don’t immediately announce riffs and verses; they linger over intros, coalesce, metamorphose and drift away. Solidity is elusive and fragile at best.

Vous vous surprenez que je me contente de l’extrait gratuit sans vous parler du reste de la production? C’est que, d’une certaine manière, je m’irrite de voir que le « bundle » numérique ne livrer que des MP3. Pour avoir accès à du numérique « lossless », soit le FLAC, il faut acheter la version vinyle Deluxe, qui comprend, bien sûr le vinyle mais aussi le FLAC (ou WAVE) et le MP3. Le hic? C’est que ça coûte 54$!

Eh oui! Je dirais qu’il a échappé à Thom Yorke qu’entre la pauvreté d’un MP3 à rabais et le… luxe de la version Deluxe, il y a l’amateur de musique moyen, qui peut être exigeant mais qui ne veut pas dépenser tout son budget musique mensuel sur une seule parution!

Sans s’en rendre compte, Thom Yorke participe de ce phénomène: la disparition de la classe moyenne!

On peut télécharger le vidéo-clip, ou le MP3 de l’extrait, et commander le reste, à cette adresse:

https://bundles.bittorrent.com/bundles/tomorrowsmodernboxes

 tomorrows-modern-boxes

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