Sur la platine: BRIAN BLADE et sa sublime confrérie

Peut-être êtes-vous comme moi un friand des listes musicales de fin d’année, qui nous permettent, pendant le congé hivernal, de rattraper le temps perdu et de plonger de manière vorace dans les 12 derniers mois d’actualité musicale. Si c’est le cas, attendez-vous à voir souvent ce disque sur la liste des albums marquants de 2014. Car le batteur BRIAN BLADE et son FELLOWSHIP ont frappé un grand coup avec leur « Landmarks », un des cinq finalistes au Grammy du meilleur disque instrumental jazz de l’année.

Brian Blade 2Si le nom vous rappelle quelque chose, ne soyez pas surpris. Car il y a plus de 20 ans que Brian Blade habille des couleurs de son jeu de batterie subtil et propulsif les plus grandes scènes du monde, non seulement dans la sphère jazz avec le Wayne Shortet Quartet, mais aussi à travers une bonne partie du corpus musical de Daniel Lanois, que ce soit dans ses projets personnels ou dans ses productions (Bob DylanEmmylou Harris, Black Dub). Et si sa photo vous dit quelque chose, soyez encore moins surpris: car si vous l’avez vu sur une scène, vous ne pourrez l’oublier. Voir Brian Blade jouer est un réel plaisir auditif et visuel, tant l’homme respire le bonheur de communiquer à travers sa musique.

Brian Blade 1Alors, à quoi ressemble la musique de Brian Blade en tant que leader? Elle lui ressemble. En ce sens que, même inscrite dans le creuset jazz et habitée conséquemment d’un beat propulsif, d’un coeur bluesy, il y a dans cette musique l’art d’un coloriste subtil, d’un raconteur et d’un rassembleur. Rassembleur de talents, rassembleur de styles. La couleur est jazz, oui; mais elle s’abreuve à tellement d’autres sources musicales que la catégorisation devient une mauvaise approximation. Il y a là-dedans du blues, oui, du jazz, évidemment, mais aussi un filtre d’Americana, un relent de folk, des moments où la musique déroule comme une sorte de mythologie instrumentale du sud américain, aussi bien qu’une de ces mélopées addictives dont regorge Hejira, le sublime album folk-jazz de Joni Mithcell, incidemment un des disques préférés de Blade.

27 ans après leur formation, le Fellowhip et la nouvelle attention qu’il génère pourra-t-elle finalement forcer le remuant Blade à jeter son ancre musicale? On ne le souhaite ni à Wayne Shorter, ni à Daniel Lanois. Sauf que…

BRIAN BLADE AND THE FELLOWSHIP
« Landmarks »
2014, Blue Note

1 Down River
2 Landmarks
3 State Lines
4 Ark.La.Tex
5 Shenandoah 1:52
6 He Died Fighting
7 Friends Call Her Dot
8 Farewell Bluebird
9 Bonnie Be Good
10 Embers

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s