EXPLOSION TARDIVE: LE « BLACK MESSIAH » PARMI NOUS

On croyait en avoir fini avec l’année musicale 2014. Mais non! Un peu comme un but dans la dernière minute de jeu oblige les journalistes du beat de hockey à réécrire leurs textes à pleine vapeur… La sortie précipitée, après 14 ans (oui, 14 ans!) de rumeurs, d’annonces et de fuites musicales, du nouvel album de D’Angelo, Black Messiah, le lundi 15 décembre à minuit, a changé le panorama musical de l’année 2014. Enfin, un disque qui compte.

ALL WE WANTED WAS A CHANCE TO TALK
‘STEAD WE ONLY GOT OUTLINED IN CHALK

« The Charade »

Polarisant, politique, ambitieux, séducteur mais en même temps colérique comme un direct au menton, Black Messiah est débarqué chez les disquaires le poing en l’air, en donnant des coups de pied dans la ruche musicale, cette machine à cash qui exerce la provocation et la surprise avec comme seul but le chiffre de ventes. Pas cette fois. Il a fallu Ferguson pour que d’Angelo sorte de son interminable gestation musicale. Mais il le fait de manière grandiose.

D'AngeloJe ne suis pas un expert de R&B, de funk et de soul. Loin de là. Mais les grooves, les lignes musicales, les arrangements foisonnants, les harmonies vocales de Black Messiah me collent au cerveau:. Je me réveille le matin en entendant le martèlement cauchemardesque de 1000 Deaths, en entendant ce soldat répéter, la peur au ventre: They gonna sent me over the hill… Le groove deSugah Daddy me donne envie de danser… Les cuivres et guitares de Betray my Heart me donnent envie de chanter. Real Love me donne envie de… enfin… C’est un disque qui vous remplit le cerveau et le corps, qui fait bouger vos pieds. Et où vous découvrez une nouvelle pièce « favorite » à chaque écoute.

Car il vous force aussi à écouter.

Un critique de black music a dit de Black Messiah qu’il était le OK Computer du R&B. Son ambition musicale, la dureté de son commentaire social, mais aussi son accessibilité, cette manière d’utiliser des référents connus et aimés (Prince, Sly & the Family Stone, Marvin Gaye) et d’en repousser les limites rendent la comparaison avec le grand classique de Radiohead séduisante. Ce qui est sûr, c’est que ce disque est un “game changer”. C’est comme si, près de 30 ans plus tard, Sign of the Times avait enfin un successeur.

Sans le vouloir, le musicien de jazz activiste Nicholas Payton, en critiquant durement Black Messiah, a le mieux résumé l’affaire pour les mélomanes tangente rock:
there is a huge Rock component throughout the album I take issue with. I can’t get with Black people who play Rock. Rock is the White appropriation of the Blues. The Blues didn’t need another name. There is no need to mimic the voice of the oppressor back to him..

En ces temps de relations raciales difficiles, Payton prône la pureté musicale. D’Angelo prend la direction inverse et nous donne un disque de R&B… qui rock.

5 étoiles.

5-étoiles
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