EXPLOSION TARDIVE: LE « BLACK MESSIAH » PARMI NOUS

On croyait en avoir fini avec l’année musicale 2014. Mais non! Un peu comme un but dans la dernière minute de jeu oblige les journalistes du beat de hockey à réécrire leurs textes à pleine vapeur… La sortie précipitée, après 14 ans (oui, 14 ans!) de rumeurs, d’annonces et de fuites musicales, du nouvel album de D’Angelo, Black Messiah, le lundi 15 décembre à minuit, a changé le panorama musical de l’année 2014. Enfin, un disque qui compte.

ALL WE WANTED WAS A CHANCE TO TALK
‘STEAD WE ONLY GOT OUTLINED IN CHALK

« The Charade »

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Cette année, on s’est fait un Mur du Son avec ces 5 albums…

l’album le plus substantiel

Ambrose Akinmusire – « The Imagined Savior Is Far Easier To Paint »

78 minutes du jazz actuel, dans tous ses états et toutes ses permutations: intime, contemplatif, brûlant, intransigeant, politique, poétique, jubilatoire… Un groupe soudé par son leader, l’étoile montante du jazz, le trompettiste Ambrose Akinmusire qui confirme dans ce 2e album le buzz médiatique autour de son nom. Un grand leader, et il n’a que 32 ans.

Notre critique


 le défi le plus fou

the bad plus – « the rite of spring »

The Bad Plus n’a jamais eu froid aux yeux: mais reprendre le magistral Sacre du Printemps de Stravinsky en formule trio jazz? L’oeuvre orchestrale par excellence, combinant l’écriture la plus moderne, la dynamique la plus exigeante, et si suave par son déploiement tonal? Et pourtant, quel régal d’écoute: l’énergie brutale du trio, son côté baveux/audacieux et l’intelligence de sa transposition nous clouent à notre siège. Ah oui, et vraiment, cette réussite est aussi celle de Stravinsky, dont la compo reste puissante même dans cette formule dénudée!


celui qui a le plus joué

serge fiori – « serge fiori »

Vraiment, était-il possible pour Fiori de mieux réussir son grand retour? Cette voix inchangée, qui est comme une empreinte génétique chez le mélomane québécois; ce lyrisme musical qui nous fait voyager hors du temps; un humour caustique qui ne pouvait s’exprimer chez Harmonium mais qui lui va comme un gant; le tout dans un écrin sonore contemporain (bravo Marc Pérusse). Ce disque aura marqué l’année 2014 comme aucun autre.


la réédition de l’année

bob dylan – « the Bootleg Series Vol. 10: Another Self Portrait (1969-1971) »

OK, techniquement, cette réédition a vu le jour en 2013. En plus elle présente des pièces datant de plus de 40 ans. Que voulez-vous! Je suis un « slow listener ». Et puis c’est de la « slow music »:  on découvre et on déguste, lentement, souvent. Abondance, simplicité. L’album original Self-Portrait fut un désastre dans la carrière de Dylan; ce retour sur cette période trouble du plus grand songwriter de l’histoire nous montre quel grand album c’aurait dû être.  Un autre triomphe de la Bootleg Series.

Notre critique.


le « ear candy » de l’année

alt-J – « this is all yours »

Vous savez, le genre d’album qui, peu à peu, s’insinue en vous et dont chaque écoute révèle de nouvelles beautés? Les groupes malaxant vigoureusement une pléthore de sons et d’influences sont nombreux aujourd’hui; mais je ne crois pas qu’il y en ait beaucoup qui arrivent mieux à toutes les intégrer dans un son unique, dans une synthèse personnelle aussi suave. Minimalisme classique, choeurs de moine, folk dépouillé, rock alternatif, ambiant-rock et même des « samples » de Myley Cyrus: les étiquettes musicales perdent tout sens ici. Production magistrale de Charlie Andrew.


Originalement paru ici:
http://www.pulsionaudio.net/les-cinq-albums-2014-du-mur-du-son/

 

L’album de l’année au Québec? (Belle) surprise!

Le FELIX de l’album alternatif ET de l’album de l’année (selon la critique)?

Tout le monde attendait SERGE FIORI…

Surprise… surprise… À quelques jours de la sortie du nouvel album de sa formation CHOCOLAT, JIMMY HUNT récompensé pour sa superbe MALADIE D’AMOUR

Voici le commentaire que nous avons publié le 23 janvier dernier:

Jimmy Hunt – Maladie d’amour

Dès que j’ai entendu « Nos corps » à Plaisirs Therrien (Espace Musique) un après-midi il y a quelques semaines, j’étais accroché à ceJimmy Hunt dont j’avais lu le nom mais que je ne connaissais pas.  Voix falsetto, texte futé dans sa poésie élusive, petite mélopée parfaite qui nous ramène les eighties dans ce qu’elles avaient de mieux à offrir (synthés vintage, guitare fuzzée pleine d’échos, beat qui fait dodeliner de la tête), Jimmy Hunt sait insuffler d’ambiances ses rêveries. À mon retour, j’étais trop heureux de voir l’album sur l’excellent site Bandcamp, où je pouvais tester plus avant la chose avant de consommer. Vous devriez immédiatement faire la même chose. Quand j’ai écouté Antilope, la pièce qui ouvre ce Maladie d’amour, j’ai avalé la mouche, l’hameçon et la ligne sans me poser plus de questions!  Un disque parfait à savourer en couple, avec sa dégaine nonchalante mais futée, ses petites touches psychédéliques, et toujours ces textes crus mais avec plein d’esprit! Et une sorte de sensualité moqueuse sous-jacente que ma blonde goûte autant que moi. Beaucoup plus de perles que de pièces moyennes: excellente Marie-Marthe, qui a du Gainsbourg dans le nez; un hommage au grand poète Christian Bobin dans un délire electronica-rock (« Je ne comprends pas tout ce que tu écris/Mais le Dieu dont tu parles est ici aujourd’hui »); la très jolie pièce-titre, un folk rêveur que n’aurait pas renié Nick Drake.  Sans oublier Un nouveau corps, qui ferme l’album avec un texte assez salaud, sur des nappes de claviers à la Tomita (je vous le jure) et une 6-cordes campagnarde. Magnifique travail d’un bidouilleur beaucoup plus futé que la moyenne…

On court vite l’acheter sur Bandcamp!

SVP pas de pénicilline pour Jimmy Hunt et son remarquable réalisateur Emmanuel Ethier.